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Vivre
sous un toit, choisir son cadre de vie, l'améliorer et le
gérer, le nouveau code du logement - qui est d'application
depuis le 1er mars - entend répondre à ces besoins fondamentaux.
Ce code rassemble, harmonise et actualise les dispositions
existantes en matière de logement et innove sur une dizaine
de points.
Le
logement, un droit
" La
Région et les autres autorités publiques, chacune dans le
cadre de leurs compétences, mettent en oeuvre le droit à
un logement décent en tant que lieu de vie, d'émancipation
et d'épanouissement des individus et des familles. "
(Extrait du nouveau code du logement)
Voilà
assurément un message clair. Toutes les autorités publiques
doivent prendre des décisions allant dans le sens de la
mise en oeuvre du droit au logement. Le Code est plus précis
encore : elles doivent tendre à favoriser la cohésion sociale
par la stimulation de la rénovation du patrimoine et par
une diversification et un accroissement de l'offre de logements
dans les noyaux d'habitat. Ainsi, le nouveau Code vise notamment
à assurer la salubrité des logements ainsi que la mise à
disposition de logements destinés prioritairement aux ménages
à revenus modestes et en état de précarité.
Impliquer
davantage les communes
Le Code
wallon veut permettre aux communes d'exercer effectivement
et directement leurs responsabilités par rapport au droit
constitutionnel au logement.
Les communes négocieront avec la Région des contrats d'objectifs,
basés sur des programmes triennaux traduisant les mesures
à prendre au niveau local pour améliorer les conditions
de logement.
Quant aux autres pouvoirs locaux (CPAS et Provinces), ils
définiront les objectifs et les principes des actions à
mener
D'ores
et déjà, plusieurs mesures sont prévues, par exemple :
-
toute commune a le droit d'être desservie par au moins
une société de logement de service public;
-
la Société wallonne du Logement est chargée de l'élaboration
d'un programme de fusions et de restructurations des sociétés
de logement de service public afin d'assurer une plus
grande cohérence entre les territoires communaux et les
champs d'activités des sociétés de logement;
Réquisition
douce
Il existe
environ 30.000 logements inoccupés en Wallonie. Le Code
donne aux opérateurs locaux la possibilité de lutter davantage
contre l'inoccupation de ceux-ci.
Lorsqu'une
société de logement, une commune, un C.P.A.S. ou une Agence
immobilière sociale a repéré un logement inoccupé et que
cet opérateur souhaite en disposer pour le logement dans
le cadre de sa mission sociale, le Code lui permet de négocier
à l'amiable la prise en gestion du logement avec le propriétaire.
A défaut d'accord, l'opérateur immobilier peut solliciter
le juge de Paix qui statue sur la demande et, en cas de
réponse favorable, sur les conditions de cette gestion.
L'opérateur immobilier a l'obligation de ristourner le produit
net des loyers au propriétaire et de lui rendre compte de
sa gestion.
Reconnaissance
des sociétés de crédit social
Le Code
donne une assise aux sociétés de crédit social déjà présentes
dans le secteur. Les sociétés de crédit social exercent
une mission sociale consistant à favoriser l'accès à la
propriété ou la conservation d'un premier logement par un
ménage. Elles octroient des prêts hypothécaires à taux réduits
notamment pour la construction, l'achat, la réhabilitation,
l'adaptation ou la conservation d'un premier logement.
La Région
agréera elle-même ces sociétés, permettant ainsi une plus
grande cohésion de l'ensemble des outils locaux favorisant
l'accès à la propriété.
Les
nouvelles aides régionales
En ce
qui concerne les aides aux personnes physiques, le Code
présente le double avantage d'harmoniser les procédures
de demandes d'aides et d'élargir la gamme d'interventions
de la Région.
Les décisions d'octroi ou de refus des aides sont dorénavant
confiées au Ministère de la Région wallonne, le Ministre
du Logement intervenant en cas de recours.
Le champ des interventions régionales est considérablement
élargi. Ainsi par exemple, les conditions pour bénéficier
de la prime à la réhabilitation (changer des fenêtres, des
chassis, remplacer un toit, modifier l'électricité,…) sont
modifiées. Désormais, la maison doit avoir 15 ans (au lieu
de 20 ans) et si la prime est toujours calculée en fonction
des revenus, ceux-ci ne sont plus plafonnés.
Sont prévues aussi des aides à la création de logements
conventionnés pour inciter les propriétaires à mettre des
logements en location, à l'adaptation des logements pour
les personnes handicapées, à la constitution des garanties
locatives pour les familles démunies qui doivent accéder
à un logement qu'elles prennent en location, ainsi qu'une
nouvelle aide à la construction.
La prime à l'acquisition, quant à elle, ne sera plus limitée
aux seuls logements vendus par le secteur public.
Reconnaissance
des organismes de promotion du logement
Ces
dernières années, la Région a créé les agences immobilières
sociales, les régies de quartier et les comités consultatifs
des locataires et des propriétaires. Le bilan de leurs actions
s'avérant largement positif, le Gouvernement a estimé que
l'intervention régionale en leur faveur doit être reconnue
par le législateur.
C'est
la raison pour laquelle le Code permet au Gouvernement d'agréer
ces organismes à finalité sociale. Mais le Code permet au
Gouvernement d'aller au-delà des acteurs reconnus à ce jour
en donnant la possibilité d'agréer les associations de promotion
du logement qui poursuivent l'une des missions suivantes
:
- l'intégration
sociale dans le logement par la mise à disposition d'un
logement adapté;
-
le développement de projets expérimentaux répondant aux
objectifs fixés par le Gouvernement.
-
une assistance administrative, technique ou juridique
relative au logement prioritairement aux ménages en état
de précarité;
Renforcer
le partenariat
Une
meilleure répartition des compétences est assurée par le
Code wallon entre le Ministère de la Région wallonne d'une
part, et la Société wallonne du Logement d'autre part. La
Société wallonne du Logement s'occupera essentiellement
de l'instruction et de la gestion des dossiers émanant des
sociétés locales.
Le Ministère
de la Région wallonne se concentrera sur les autres personnes
morales (a.s.b.l., C.P.A.S., communes), son champ de compétences
étant élargi dans une série d'autres matières (tutelle des
sociétés de crédit social, instruction et gestion des programmes
communaux, agrément des organismes à finalité sociale, secrétariat
du Conseil supérieur du Logement).
La
salubrité
A ce
jour, les critères minimaux de salubrité sont fixés par
une circulaire ministérielle et constituent des indications
pour les bourgmestres qui doivent assurer la police des
habitations insalubres. Dans la pratique quotidienne, le
locataire a la possibilité d'assister à la visite de l'enquêteur
chargé d'établir le rapport de salubrité.
Le Code
donne force décrétale à ces critères minimaux et donne la
possibilité aux propriétaires de tout logement concerné
par une enquête de salubrité de se faire entendre par le
bourgmestre avant que celui-ci statue sur la suite à donner
au rapport d'enquête.
Le
conseil supérieur du logement
Un Conseil
supérieur du Logement sera créé; il réunira des représentants
de la Société wallonne du Logement, du Fonds du Logement
des familles nombreuses de Wallonie, des sociétés de logement
de service public, des sociétés de crédit social, des pouvoirs
locaux, des universités, des propriétaires et des locataires,
du secteur associatif et du monde économique. Il aura pour
mission de conseiller la Région en matière de politique
du Logement.
Renforcer
le rôle de l'administration
Le Ministère
de la Région wallonne voit ses compétences renforcées à
plusieurs points de vue :
- il
octroiera ou refusera directement les aides aux personnes
physiques;
- il
verra sa panoplie d'aides élargie;
- il
exercera la tutelle sur les sociétés de crédit social;
- il
agréera les organismes à finalité sociale;
- il
assurera le secrétariat du Conseil supérieur du Logement.
Un
outil au service de l'intérêt général
Le Code
a été conçu dans une double perspective. Il réaffirme qu'envers
et contre la précarité, le délabrement ou la discrimination,
le logement est un droit dont tous peuvent se prévaloir,
un véritable service public que la Région rend à ses citoyens
au travers des différents acteurs qui oeuvrent en cette
matière. Il traduit aussi la somme d'expériences vécues
quotidiennement sur le terrain par les opérateurs du logement,
à savoir la Société wallonne du Logement, les sociétés agréées,
le Fonds du Logement des Familles nombreuses, les sociétés
de crédit social, les pouvoirs locaux, les organismes à
finalité sociale et l'administration wallonne.
N'oublions
toutefois pas que la réussite dépend d'un profond changement
de mentalité et d'une réelle volonté de partenariat, sans
exclusive, sans tabou, au service de l'intérêt général.
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