La frontière orientale de la Wallonie

À propos du Grand Duché de Luxembourg

1831 : la conférence de Londres

1839 : la paix entre les Pays-Bas et la Belgique, la frontière Est est fixée


Pour comprendre le tracé de la frontière orientale, il convient d’établir une distinction entre la province de Luxembourg, d’une part, les cantons de Malmédy – Eupen – Saint-Vith, d’autre part.

Suite au Congrès de Vienne (1815), le Royaume de Hollande nouvellement créé comprenait notamment ce que l’on appelle aujourd’hui le Grand Duché de Luxembourg. En 1830, des Luxembourgeois participent à l’effort révolutionnaire qui conduit à la création du nouvel Etat Belgique ; dès lors, tout naturellement, ce dernier s’étend sur le territoire de la Belgique actuelle, sur l’actuel Limbourg hollandais, ainsi que sur l’actuel Grand Duché de Luxembourg.

La faiblesse manifestée par les troupes belges lors de la campagne hollandaise de 1831 (2 août) engagea la conférence de Londres à revoir les conditions territoriales faites à la Belgique par le traité des XVIII Articles (1831). Un nouveau traité, les XXIV Articles, la priva du Grand-Duché de Luxembourg, du Limbourg hollandais, avec Maastricht et Venloo, et de la Flandre zélandaise avec la rive gauche de l’Escaut (1839). Dans ce nouvel Etat, aucune place n’est accordée aux particularités régionales, linguistiques, politiques et sociales des masses populaires.

Lors de la signature définitive de la paix entre les Pays-Bas et la Belgique (1839), une nouvelle frontière est fixée. Dans le Luxembourg, écrit Henri Pirenne, c’est la langue des habitants qui a été prise comme principe de séparation. Sauf quelques villages allemands des environs d’Arlon, la région wallonne a été cédée à la Belgique à l’Ouest de la ligne Athus, Tintange, Gouvy, et à l’exception de quelques villages allemands des environs d’Arlon (17). En fait la crainte des grandes puissances de l’époque reste la France. Au cas où le nouvel Etat belge, bien que neutre, ne survivrait pas et tomberait entre les mains de la France, les grandes puissances ne souhaitaient pas que la forteresse de Luxembourg devienne française.

 


(17) Henri PIRENNE, Histoire de Belgique des origines à nos jours, t. 4, p. 56, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1952 [1931].