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Cest à Paul Gahide, journaliste tournaisien, que lon doit la première réflexion publique sur la pertinence dun emblème pour la Wallonie. Cétait en 1905, lors du Congrès wallon de Liège. Mais cest à lAssemblée wallonne, Parlement informel institué à linitiative de Jules Destrée le 20 octobre 1912, que lon doit le choix des symboles attribués à la Wallonie : drapeau, couleurs, devise, jour de fête, hymne... Les propositions dun emblème ne manquent pas : perron liégeois, étoile, coq, alouette, taureau, sanglier, écureuil. Le jeu de mot Gallus-Gaulois-Gallinacé plaît : le nom latin du coq (gallus) est en effet le même que celui du Gaulois. Au XIXème siècle, le coq sest affirmé comme emblème de la République française. Finalement, lAssemblée wallonne décide: La Wallonie adopte le coq rouge sur fond jaune, cravaté aux couleurs nationales belges. Lhistoire glorieuse de la Principauté de Liège, faite de luttes pour les libertés (Charte de Huy, Paix de Fexhe, perron, déclaration des droits de lhomme du Congrès de Polleur...) inspire les couleurs, le cri et la devise: [...] le coq hardi de gueules sur or, avec le cri: Liberté et la devise: Wallon toujours ! Le peintre Pierre Paulus (1881-1959) est sollicité par Paul Pastur. Son uvre est adoptée officiellement le 3 juillet 1913 par une commission dartistes. Il sera reconnu officiellement par le décret du Conseil culturel de la Communauté culturelle française (28 juillet 1975) puis par le décret du Parlement wallon (15 juillet 1998). Le coq wallon se distingue du coq français par deux traits : la patte droite (la dextre) est levée; le bec est fermé... Le jaune et le rouge étaient les couleurs liégeoises.
Un jour de fête
Chaque année, le 21 juillet, le royaume de Belgique se rappelle de la prestation de serment de fidélité à la Constitution et aux lois du peuple belge de Léopold Ier. Chaque 11 juillet, la Flandre commémore officiellement lanniversaire de la Bataille des Eperons dor. Chaque 6 mai, Bruxelles fête sa région. Chaque 15 novembre, la Communauté germanophone honore la dynastie, lien privilégié qui, à ses yeux, lunit à la Belgique. Quant à la Communauté française, elle honore les combattants des Journées de septembre 1830 dans les rues de Bruxelles. Depuis 1975, elle a dailleurs arrêté une date fixe, le 27 septembre.
Les connaissances historiques du début du siècle ont amené lAssemblée wallonne à retenir les journées de septembre parce que, à lépoque, elles symbolisaient luvre commune des Wallons, rassemblés à Bruxelles, pour bouter les Hollandais hors du pays. Les historiens dalors ne voyaient que des volontaires issus de tous les milieux et de toutes les régions de Wallonie. La révolution de 1830 était donc, à leurs yeux, luvre des seuls Wallons ! Les premières fêtes de Wallonie furent célébrées dès septembre 1913. En raison de la Grande Guerre, lélan fut coupé. En 1919, seuls des Liégeois rendirent hommage aux combattants de 1830 et à ceux de 14-18. Ce nest quen 1923, à linitiative de François Bovesse, que se constitua un comité chargé de célébrer la fête à Namur. Ce Comité central débutera très modestement avant de connaître, assez vite, un très grand succès de foule, surtout au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, malgré la disparition de son fondateur, François Bovesse et de son président, Jean Calozet. Sous limpulsion de Joseph Calozet, la fête de la Wallonie devient la manifestation-clé de la ville de Namur, sétendant sur quinze jours dactivités culturelles, politiques, commerçantes et folkloriques. Elle sétend aussi aux autres villes, où les mayeurs profitent de loccasion pour prononcer des discours wallons remarqués du premier au dernier week-end de septembre. En 1998, le Parlement wallon adopte le troisième dimanche de septembre comme jour officiel de fête de la Wallonie, en référence au choix de lAssemblée wallonne de 1912.
Hymne
Cest loccasion aussi dinterpréter, à Namur le Bia Bouquet, à Verviers les Franchimontois, à Liège le Valeureux Liégeois, à Mons le Doudou, à Tournai les Cheonq Clotiers, à Nivelles El Carïon, à Malmédy le chant dHenri Bragard, à Charleroi Pays de Charleroi... ou tout simplement le Chant des Wallons écrit en wallon de Liège par Théophile Bovy (1900), sur une musique de Louis Hillier (1901). Lauréat du concours de la Ligue wallonne de Liège, le Chant des Wallons connaît diverses versions et obtient sa reconnaissance officielle en 1998 par ladoption de sa musique et de son texte français par le Parlement wallon.
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